jeudi 27 avril 2017

Bloc 11 de Piero Degli Antoni


*Chronique de Sandrine*

"La proximité de la mort provoque toujours des effets curieux. Certains deviennent des lâches, d'autres des héros."

Auteur : Piero Degli Antoni
Éditions : Archipel
Genre : Drame / Historique
Année de parution : 2016
Pages : 269

Résumé :

New York, milieu des années 1990. Par une journée ensoleillée, Moshe, un vieil homme, entend une expression allemande qui le ramène cinquante ans en arrière.
Auschwitz, 1944. Trois prisonniers viennent de s'évader. Par mesures de représailles, le commandant du camp désigne dix détenus. Cependant, au lieu de les exécuter, il les enferme une nuit dans le bloc 11.
Au petit matin, ils devront désigner celui d'entre eux qui sera fusillé. Pendant ce temps, le commandant se livre avec son jeune fils à une étrange partie d'échecs.
Moshe se souvient de cette nuit-là en effectuant un terrible voyage au tréfonds des ténèbres. C'est alors qu'un inconnu sonne à sa porte...

Avis : 

Je ne suis pas une adepte des huit-clos car j'ai toujours peur de m'ennuyer... Pourtant, j'ai eu de bonnes surprises par le passé comme avec le frissonnant "Vertige" de Franck Thilliez.
À la lecture du résumé de ce livre, j'ai donc été septique quant à son contenu surtout que je ne l'avais pas choisi moi-même mais reçu dans une de mes box "Once Upon a book".

On plonge dans les années 1990 à New York. Moshe, un vieil homme, entend une expression allemande qui le ramène vers de sombres souvenirs, plus précisément lors de son séjour dans le camp de concentration d'Auschwitz en 1944. À cet époque, à cause d'une évasion, un commandant allemand choisi dix déportés et va les placer dans le bloc 11. Ils ont alors une nuit pour décider qui devra mourir au matin... 
Pendant ce temps-là, le commandant joue une étrange partie d'échec avec son fils.

L'auteur nous plonge dans un univers sombre et violent. On s'imprègne dès les premières lignes de l'atmosphère pesante qui règne. En même temps, grâce aux cours d'Histoire, le lecteur peut très facilement imaginer toute l'horreur qui se passe dans ce camp de concentration avec ces nazis qui sont loin de prendre des décisions très humaines et jouent avec la vie des personnes comme si ce n'était que des objets. L'auteur s'est très bien renseigné sur le sujet. Il s'est aidé notamment d'un témoignage d'un ancien détenu. De plus, il intègre tout un vocabulaire allemand pour rendre l'histoire encore plus réaliste, plus vivante (les traductions sont à la fin du livre pour que le lecteur ne soit pas perdu). Toutes ses recherches s'en ressentent lors de la lecture et rend le récit bouleversant de vérité.

Les personnages sont tous différents avec des caractères plus ou moins forts. Chacun défendra sa vie avec conviction et débattra sur celui qui devra mourir en raison de son comportement dans le camp ou dans sa vie passée, ou encore son statut d'avant (homme de pouvoir, homosexuel, vieux ou encore commerçant). Ces débats permettent au lecteur d'avoir toute une réflexion sur le pouvoir du regard des autres et de ce qu'il en ai vraiment lorsque l'on gratte la surface. 

La partie d'échec du commandant prend une tournure inattendue. Cela m'a vraiment surprise mais m'a fait froid dans le dos. Le commandant est un personnage plus que détestable, qui joue avec la vie de ces dix personnes comme si ce n'étaient que des pions d'un jeu auquel une seule issue est possible : la mort. Et faire cette partie d'échec face à son fils qui n'est pas bien vieux, c'est vraiment immorale et cela permet de voir que le rôle de parents est déterminant quant à la pensée et à la philosophie future des enfants.

À la fin de cette lecture, on en ressort pas indemne de cette histoire glaçante menée d'une main de maître avec des personnages attachants et un commandant cruel et sadique à souhait. Encore une fois, j'ai été surprise par ce huit-clos dans lequel je ne me suis pas ennuyée une seule seconde.

Une très belle surprise ! À lire lorsqu'on a un moral d'acier par contre...

1 commentaire:

  1. Je ne suis pas certaine que ce livre soit fait pour moi mais je suis ravie de voir que tu as autant aimé cette lecture.

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